Hilma af Klint, the pioneer who hid her own revolution - Royal Talens
Hilma af Klint, the pioneer who hid her own revolution - Royal Talens

Une artiste de formation classique dotée d'une curiosité exceptionnelle

Hilma af Klint (1862-1944) était une artiste suédoise à l'esprit vif, à la présence douce et fascinée toute sa vie par les aspects visibles et invisibles de la nature.

Formée à la peinture classique, elle était capable de représenter les détails botaniques avec une précision scientifique, mais elle aspirait à plus que la maîtrise du monde physique. Elle souhaitait comprendre comment la vie se déroulait aux niveaux spirituel et énergétique, une curiosité qui l'a conduite bien au-delà des conventions académiques.

À la recherche de l'invisible

Son évolution artistique s'est accélérée lorsqu'elle a rejoint un petit cercle de femmes connu sous le nom de « The Five ». Elles se réunissaient régulièrement pour méditer, pratiquer le dessin automatique et explorer l'idée que les images créatives pouvaient provenir de niveaux de conscience plus profonds. Dans ses carnets, Hilma écrivait que certaines peintures apparaissaient « avec une grande force, peintes directement à travers moi », comme si elle recevait des idées plutôt que de les inventer. Cette méthode intuitive lui a ouvert la porte vers un nouveau langage visuel.

Les peintures pour le temple

Entre 1906 et 1915, elle réalise son cycle le plus ambitieux, les « peintures pour le temple ». Ces œuvres sont vastes, colorées, symboliques et totalement non figuratives. Spirales, diagrammes, motifs botaniques et structures géométriques s'entremêlent pour former une cosmologie visuelle sans équivalent dans l'art occidental de l'époque. Ces toiles, dont certaines mesurent plus de trois mètres de haut, précèdent de plusieurs années les abstractions de Kandinsky et ont été conçues dans le cadre d'un système philosophique complet.

Hilma a même imaginé un lieu spécifique pour les accueillir. Elle a imaginé un bâtiment rond ou en forme de spirale appelé « Temple », dans lequel les visiteurs monteraient lentement à travers l'espace tandis que les peintures les guideraient dans un voyage intérieur. Pour elle, l'art n'était pas une décoration, mais une forme d'architecture spirituelle.

Une reconnaissance prématurée

C'est à cette époque qu'elle rencontra Rudolf Steiner, philosophe autrichien et fondateur de l'anthroposophie et du mouvement des écoles Waldorf. Hilma l'admirait profondément et espérait qu'il reconnaîtrait l'importance de son travail. Steiner trouva ses idées intrigantes, mais il lui dit également que « l'humanité n'était pas encore prête » pour ses visions abstraites. Ce n'était pas l'encouragement qu'elle espérait. Elle commença à se replier davantage sur elle-même, demandant plus tard que ses œuvres ne soient pas exposées avant au moins vingt ans après sa mort.

Une petite anecdote illustre bien le ton de leur rencontre. Lorsqu'elle autorisa Steiner à emprunter plusieurs tableaux, il les oublia dans son bureau pendant des mois. Hilma finit par lui envoyer une note polie pour lui demander de les lui rendre. Cela montre bien à quel point ses réalisations révolutionnaires étaient invisibles de son vivant.

Un héritage découvert trop tard

Après son décès, plus de 1 200 peintures et des dizaines de milliers de pages de notes ont été entreposées dans le grenier de son neveu, où elles sont restées pendant des décennies. Lorsqu'elles ont finalement refait surface, le monde a pris conscience à quel point elle était en avance sur son temps. De nombreuses œuvres, créées sur des feuilles de papier collées ensemble et montées sur des supports plus grands, montrent aujourd'hui leur fragilité, nous rappelant avec délicatesse que les matériaux ont leur importance, surtout lorsque l'avenir peut nous regarder avec plus d'attention que nous ne l'aurions jamais imaginé.

À propos de l'auteur

Justyna Pennards est une artiste dont la pratique repose sur la conviction que la croissance est possible partout et à tout moment de la vie. S'inspirant de la nature et des jardins botaniques, son travail explore la relation entre les systèmes vivants et l'environnement bâti. Parallèlement à sa pratique artistique, elle occupe le poste de conseillère technique en recherche et développement chez Royal Talens, où elle combine la recherche artistique avec son expertise technique et matérielle afin de favoriser la croissance durable, la réflexion et la créativité.